08-04-2009 :
M. Moncef Sellami nous parle à bâtons rompus dans cette interview exclusive qu'il a eu l'amabilité d'accorder à Infosfoot. C'est l'occasion propice pour lui de jeter la lumière sur plusieurs questions restées sans réponse jusqu'à maintenant, dont sa démission après le match du Club Africain et l'hypothèse de voir le CSS aligner son équipe B le reste de la saison en Championnat national. Bref, beaucoup de précisions apportées par un monsieur réputé être impénétrable et intraitable, mais qui reste au fond d'une gentillesse et d'une classe extrêmes.
"J'ai découvert cette responsabilité"
"En fait, je n'étais pas directement impliqué dans la gestion du club durant les saisons précédentes. Seulement, cette année, j'ai découvert cette responsabilité de près qui est très éprouvante. Pourtant, j'ai accepté de l'assumer, conscient que notre club mérite tous les sacrifices. Je n'ai pas de regret mais j'ai beaucoup appris, et dans la vie, il y a toujours de nouvelles expériences dont la plupart sont enrichissantes".
Moncef Sellami parle de ses début au CSS
"Je suis le CSS depuis que mon association portait le nom de Club de Tunisie depuis l'ère de feu Taoufik Zahaf. Le club n'avait pas alors beaucoup de moyens . Malgré tout, il a réussi depuis les années soixante à former de grands joueurs, occupant une place importante dans le football tunisien et dans la formation d'une élite de joueurs chevronnés. Les présidents qui m'ont précédé ont fait un travail énorme qui a permis de construire un grand édifice".
Comment Moncef Sellami voit l'avenir du club
"Le club manquait d'organisation et de structure interne pouvant l'élever à un haut rang sur le plan organisationnel. Nous avons commencé à instaurer cette organisation qui devrait permettre au club d'avancer en toute sérénité".
Moncef Sellami parle de sa collaboration avec Moncef Khemakhem
"Il n'y a pas de différend entre nous deux . Il s'agit simplement de divergences d'idées qui arrivent dans toute les familles. Le plus important est aujourd'hui que ces différends restent à l'intérieur de notre famille . D'ailleurs, il est tout à fait logique qu'on n'ait pas
les mêmes idées. Ce que j'ai amené cette saison, c'est de faire participer tout le monde aux responsabilités, une sorte de décentralisation qui a abouti à des prises de décisions collégiales. Il n'y a pas eu une décision de ma part prise sans consulter le reste du BD."
"Voilà comment je dirige le CSS"
"Comment imaginez-vous pouvoir gérer un budget de dix millions de dinars par des paroles. Le CSS est vraiment une entreprise. Moi, je dirige par des "écrits" écrits . Et c'est cela qui reste. Je ne peux pas gérer par téléphone. J'envoie à tout le monde des écrits qui servent pour le suivi et le contrôle continu. Les nouvelles technologies nous permettent d'être toujours en contact avec les responsables, que ce soit à Tunis ou à Sfax. C'est une nouvelle méthode moderne pour diriger d'une façon rationnelle. Pouvez-vous imaginer une société sans archives ou sans directeur ? Celui qui
viendrait après moi améliorera certainement ce que nous avons fait".
Moncef Sellami parle du match du CA
"Je n'ai pas fait de déclaration après le match CA-CSS.On a joué un match, nous l'avons perdu, nous acceptons la défaite et c'est tout. Nous avons perdu aussi à Monastir aussi. Bon , passons là-dessus."
Moncef Sellami et la possibilité de jouer avec l’équipe « B »
"Je ne suis pas d'accord pour faire jouer l'équipe B, nous jouons jeudi 9 avril face à l'ESS, puis le 12 face au Widad et le 15 face à Béja. Ce sont là des rencontres qui se déroulent à Sfax et nous disposons d'un effectif de 25 joueurs, sans oublier que l'équipe s'est reposée quinze jours lors de la préparation de l'équipe de Tunisie pour le match de Nairobi. Les responsables, le staff technique et le vice-président doivent trouver les solutions idoines pour gérer l'effectif sans toucher à l'éthique. Le CSS doit se battre à chaque match pour la victoire . Je ne fais aucune différence, les joueurs doivent mettre le coeur à l'ouvrage dans toutes leurs sorties."
Les difficultés du calendrier
"J'ai envoyé un courrier aux responsables depuis le 25 février pour les aviser des inconvénients de ce calendrier et qu'il fallait se préparer en conséquence. Ce n'est pas aujourd'hui qu'on doit gérer ce calendrier. Nous étions conscients de ces difficultés depuis longtemps et il faillait s' y préparer en conséquence".
Message aux Sfaxiens
"J'ai réussi à créer l'union et à dissiper les divergences que vous connaissez. Cette union n'est pas au top en ce moment, mais on doit travailler dans une union totale pour préparer l'avenir. Il n'y a que le travail collégial qui paie, je ne serai jamais arrivé à réaliser ce
que j'ai fait sans l'apport du reste du BD et du bureau élargi du club.
Personne ne peut réussir tout seul, j’insiste sur l'apport du reste du BD. Nous avons réinstauré la confiance chez les responsables du club. Il y a des personnes qui vont nous offrir un nouveau terrain de foot; il y en a d'autres qui vont nous offrir un bus. Tout le monde fait confiance aux responsables, je ne dis pas que la confiance n'existait pas mais on l'a renforcée".
La situation financière du CSS
"Nul n'est censé ignorer que la situation financière du CSSétait très difficile. Slah Zahaf a fait de grands effort, Lotfi Abdennadher a, lui aussi fait des efforts, il a terminé la construction du complexe sportif. Plusieurs anciens présidents et responsables ont, eux aussi consenti des efforts. Malheureusement , il y a eu un déficit financier qui s'est aggravé tout le long des dernières années. Nous avons trouvé les solutions en
rassemblant tous les membres de la famille sfaxienne, et c'est ce consensus qui nous a permis de démarrer la saison dans de bonnes conditions. Puis, au mois de décembre, le transfert record d'Opoko a été une manne du ciel pour nous dégager de la crise. Je peux d'ailleurs vous assurer que 50% du déficit a été épongé. Là aussi, je dois insister sur le précieux apport de la famille sfaxienne".
"Je pars à la fin de la saison"
"Le public doit toujours entourer de son soutien la grande famille du club pour offrir une bonne ambiance aux responsables, au staff technique et aux joueurs. Le CSS ne peut en effet jouer que pour le titre. Je confirme de nouveau mon départ à la fin de la saison et ce pour plusieurs raisons. Je suis sûr qu'il y a
meilleur que moi pour continuer. J'ai d'ailleurs présenté officiellement ma démission au gouverneur de Sfax. Le CSS est sur la bonne voie. La locomotive peut maintenant être conduite sur des rails solides".
|