Elimination en Champion’s league, défaite lors de la première journée du championnat à Béjà, changement de président et de bureau directeur, recrutements de joueurs médiocres à mille lieues du statut du club, dépréciation d’un club à la réputation légendaire, fugue de Faouzi Benzarti, quelques jours seulement après son arrivée… C’est un pléonasme que d’affirmer que l’EST traverse actuellement une période difficile, voire très difficile.
Cependant, l’on commence au sein de l’équipe à prendre les taureaux par les cornes pour essayer, un tant soit peu, de redresser la situation. Parmi les quelques lueurs d’espoir figure l’arrivée à la tête de l’équipe séniors de Chokri El Ouaer en tant que directeur sportif. L’ex-gardien emblématique de l’EST et star adulée jadis par des milliers de Tunisiens au summum de sa carrière sportive a accepté de nous accorder une entrevue.
Infosfoot : Chokri, comment avez-vous retrouvé l’Espérance après tant d’années, loin des loges ?
Chokri El Ouaer :
Je suis surpris, voire étonné par l’état actuel de l’EST. En tant que joueur, je suis habitué à dire la vérité. Maintenant que je suis responsable, je ne vais en aucun cas garder la langue dans la poche quand il est question de dysfonctionnements au sein de cette famille que sont l’Espérance et son public. Le temps est venu de se dire la vérité.
Vous savez, nous avons une masse salariale de 95 mille dinars par mois pour 46 joueurs dont la majorité sont de loin en dessous de la valeur d’une équipe comme l’Espérance. Ce qui est aberrant.
Infosfoot : A votre avis, quelle solution faut-il adopter pour alléger ce fardeau si pesant ?
C.O :
Avec certains joueurs, on peut, à l’amiable, trouver des solutions. Par contre, on ne peut supporter Ben Ouannès jusqu’en 2009 et payer d’ici là 500 mille dinars, il en est de même pour Jerry Adriano, Berradhia, Mathias et Franck Olivier… Il est aussi urgent de faire le nécessaire pour renouveler les contrats des six joueurs qui seront en fin de contrat en juin 2008.
Infosfoot : On a l’impression que vous en voulez énormément à l’ex-bureau directeur !
Je n’en veux à personne, l’Espérance est ma famille, j’y suis depuis l’âge de 7 ans et je pense que nous avons beaucoup perdu de notre notoriété, de notre rage de vaincre et de notre culture de la victoire. Il fut un temps où nous alimentions l’équipe nationale par 7 joueurs, désormais ce temps est révolu et il n’y a désormais qu’un seul joueur espérantiste dans le onze national. Je pense que Aziz Zouhir nous a rendu la tâche très difficile, en fixant la date de l’assemblée trois jours avant le début du championnat, ce qui ne permet d’accorder que 22 jours pour remettre de l’ordre dans la maison. A savoir faire des recrutements, dénicher l’oiseau rare qui puisse faire figure d’entraîneur à la hauteur de l’équipe, garder intact le moral du groupe... Ce qui est un vrai casse-tête.
Infosfoot : Vous avez parlé d’entraîneur, sur quelles pistes êtes-vous actuellement ?
Nous sommes sur la piste d’un grand entraîneur marocain, tout comme nous tâtons d’autres pistes comme celles brésilienne et française.
Infosfoot : L’Espérance rencontre-t-elle un déficit de gardien de but ?
Vous savez, avec une défense comme celle de l’année dernière, même Buffon n’aurait rien pu faire. Kasraoui est un grand gardien, mais mon intime conviction est que pour progresser il doit y avoir un minimum de concurrence au sein de l’équipe, chose qui fait cruellement défaut.
Infosfoot : Le mot de la fin ?
Notre mission est difficile, je demande à notre cher public d’être à la fois patient et compréhensif. Sauver et reconstruire le club demeurent notre objectif primordial. Nous ne sommes pas là pour faire du commerce avec le nom de l’Espérance…
Infosfoot : Que pensez-vous, pour finir, de l’actuel président Hamdi El Meddeb ?
Nous entretenons d’excellentes relations, et ce, depuis belle lurette. Hamdi El Meddeb est quelqu’un de très professionnel. Sa rigueur dans le travail et son savoir faire dans le monde des affaires seront, à n’en point douter, nécessaires pour hisser l’Espérance à son niveau d’antan.
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