02-01-2008 :
On ne pourrait jamais penser à l'étoile sans penser à Othmen Jenayeh, figure emblématique du club et président qui a eu le mérite de donner à l'équipe une dimension mondiale, et tout mis en œuvre pour une réussite durable.
Prenant la présidence à un moment crucial où l'étoile venait d'éviter miraculeusement la relégation à la fin de la saison 91-92, avec une véritable analyse de la situation et un plan de travail à la main , il prit les destinés de l'étoile pour transformer un club relégable la saison 91-92 en un club qui joue pour la première place à l'échelle mondiale en 2007, Othmen Jenayeh nous a accordé cette interview au cour de la quelle il nous dévoile en exclusivité les secrets de la réussite...
Si Othmen , si vous nous parleiz de vos débuts en tant que dirigeant avec l'étoile?
Après avoir terminé ma carrière de joueur j'ai entamé une nouvelle carrière la saison 81-82 en tant que dirigeant à la fin de la quelle nous avons remporté la coupe face au S Tunisien 3-1, j'ai poursuivi mon nouveau rôle de dirigeant jusqu'en 87, et je voyais que qu'avec la situation de toute la ville le club était en train de faiblir , et j'avais mis en garde les grands du clubs des risques qui guettaient le futur du club.
J'ai pris de nouveau la responsabilité au mois de décembre 92
C'était lorsque le club traversait une grave crise et qu'il était aux portes de la ré légation à la fin de la phase aller
Oui, à la fin de la phase aller l'étoile était dernière avec huit points, et avait mis un pied et demi en deuxième division, nous avons tout fait pour sauver la situation avec un groupe de responsables chevronnés dont Abdelmajid Chatali, Ezzedine Douik, Mr Hammadi Mestiri en tant que président à l'époque et avec Mr Ridha Ben Othmen président de section, et nous avons réussi tant bien que mal à sauver le club de la ré légation.
Mais pour moi le plus important, était de définir les véritables causes de cette pire situation qui dépassait d'après moi un rajeunissement rapide ou des erreurs de management pour être plus profondes et touchait les fondements structurelles du club.
L'Etoile n'avait pas d'oxygène
Et les véritables raisons étaient que l'étoile n'avait pas d'oxygène à respirer , et qu'il n'y avait pas à Sousse une place pour quatre clubs, (la STIA, La Patriote de Sousse ,Le Stade Soussien et l'étoile ), et tout ce beau monde s'entrainait sur un seul terrain, et nos jeunes de l'étoile s'entrainaient sur un bout de terrain à 18 heures du soir toutes catégories de jeunes confondues, bref , c'était infernal voire insupportable, et tout cela sur le terrain battu Lamine, avec un très faible éclairage, et des douches qui peuvent parfois être froides.
Les séniors n'avaient droit qu'a une heure et demi par semaine sur le terrain central
Et même les séniors n'ont pas de véritable stade où s'entrainer, il n'ont droit qu'a une heure et demi par semaine sur le terrain central du stade olympique, les espoirs s'entrainaient entre midi et deux sur un bout de terrain devant les vestiaires du stade olympique parce qu'il n'y avait pas de terrain gazonné où il y avait un éclairage disponible à 18 heures du soir, donc l'étoile avec ce budget et cette situation et la fin des aires de jeu tel que Bouhçina, Jabanet El ghorba, La Corniche ou Gabajie d'où sont sorti les grands joueurs avec les contraintes scolaires pour les jeunes qui veulent pratiquer leur sport favoris, en plus l'étoile de l'avant cette période n'a pas voulu ouvrir la porte aux recrutements Tunisiens ou étrangers, car il régnait une mentalité des enfants du club, or cette mentalité ne pouvait plus concorder avec la vision du professionnalisme, nous avons vu que l'étoile devait créer ses fonds propres et devait ouvrir la porte aux recrutements, et on devait chercher les meilleurs éléments dans toute la Tunisie et même en dehors de nos frontières, pour pouvoir jouer les premiers rôles en Tunisie et sur l'échelle internationale.
Fusion avec la STIA et dissolution de la Patriote.
Lors de l'assemblée qui a suivit la saison 91-92 nous avons trouvé un terrain d'entente pour faire une fusion avec la STIA, nous nous sommes mis daccord avec les responsables du Patriote se Sousse pour disposer du Stade Marrouf, et aussi créer sur se stade notre nouveau local, et le premier centre de formation de l'étoile, que nous avons inauguré en 1995 soit l'année du 70 é anniversaire de l'étoile, puis nous avons fait un accord avec la municipalité de Sousse suivant lequel les recettes du stade olympique nous revenaient, sachant qu'avant cette date, une société privée payait 15 milles dinars en contre partie de la gestion totale des espaces publicitaires dans le stade olympique de Sousse, nous avons fait une offre supérieure à celle de cette société pour avoir les droits de gestion du sponsoring dans le stade et la salle couverte
La première saison qui a suivit se contrat nous a rapporté une recette de 300 milles dinars, la deuxième saison nous avons atteint le chiffre de 500 milles dinars.
Puis nous avons attaqué le volet de l'organisation des matches, et nous avons découvert de vastes opérations de fraude comme la double billetterie, et c'est à partir de cet incident que nous avons convaincu la FTF et surtout Mr Raouf Najar président de la FTF d'alors et Mr Abderahime Zouari alors ministre des sports que les clubs doivent avoir la liberté de l'organisation des matchs de championnat, et c'est à partir de cette date (saison 96-97).
Le stade olympique a commencé à faire une recette d'un milliard
le stade olympique a commencé à faire une recette d'un milliard pour l'étoile, alors que les recettes n'ont jamais dépassé les 100 milles dinars avant que nous nous occupions de l'organisation. En plus nous avons introduit la notion d'abonnement des gradins et des tribunes d'honneur et les abonnements de soutien.
Puis nous avons frappé aux portes des coupes africaines des clubs et à leurs recettes, et puis commença une étape très importante pour les revenus colossaux du club, à savoir le transfert de nos grands joueurs à l'étranger.
Le transfert de Beya nous rapporta 2 millions de
Marks
La campagne commença par le plus grand montant jamais réalisé pour un transfert , puisque la cession de Zoubeir Baya à Fribourg nous ramena 2 millions de Marks (l'équivalent de un milliard et demi de nos millimes).
Et vous pouvez voir l'augmentation de nos recettes due avec le transfert de Chikhaoui pour trois milliards,
Sachez seulement que le club a fait une recette de 20 milliards durant cette décennie, soit une moyenne de deux milliards par saison.
Et le plus important c'est que c'est devenu une recette permanente au club.
En plus d'une nouvelle clause que nous avons introduit à partir du transfert de Santos à savoir un pourcentage significatif au cas de la cession du joueur à un autre club.
La recette d'après transfert
En plus d'une nouvelle clause que nous avons introduite à partir du transfert de Santos, à savoir, en plus du montant du transfert un pourcentage conséquent en cas de cession du joueur à un autre club, cette clause a commencé à nous récolter ses fruits depuis la saison dernière avec le transfert de Hagui de Strasbourg au Bayer Leverkusen
et ceux de Kalaban d'Auxerre vers un club Turc de première division, Keita vers Lyon et on s'achemine peut être vers des chiffres record du transfert de Chikhaoui vers un grand club européen (20 pour cent du montant du nouveau transfert sera au bénéfice de l'étoile).
Le passage du rien au luxe
Tels sont les fondements de notre travail qui sont basés sur les recrutements des meilleurs jeunes éléments en leurs offrant les moyens de s'épanouir à savoir les terrains, le staff technique adéquat (sachant qu'on a recruté l'un des meilleur formateur en France à savoir Philippe Coupet), le staff médical et même les meilleures conditions psychologiques possibles qui doivent remplacer la famille pour le jeune ,
Vous pouvez ainsi faire vous même la différence entre ce qui existait et ce qui existe, les jeunes de l'étoile ont les meilleures conditions pour s'épanouir (7 terrains gazonnés, staff technique, staff médical, un hôtel quatre étoiles, un centre de formation, un Club House.......), c'est cette stratégie qui a fait que l'étoile grimpe au sommet de l'Afrique et maintenant de l'élite mondiale.
Quelles sont vos attentes pour la Coupe d'Afrique des Nations ?
Je pense qu'on peut dire sans se tromper que toute équipe qui se rend à la CAN rêve de ramener le trophée. Quand on voit ce que nous a réservé le tirage, sur le papier en tout cas, la mission s'annonce difficile pour nous. Mais j'ai toujours pensé qu'une fois sur le terrain, il y a toujours moyen d'en surprendre certains. Nous allons entretenir notre rêve. Bien entendu, nous voulons remporter cette coupe.
Lors du tirage au sort au mois d'octobre, vous avez été versé dans le même groupe que le Cameroun et l'Egypte. Quelle a été votre première réaction ?
J'ai été secoué ! Jamais je ne me serais attendu à tomber dans le même groupe que le Cameroun et l'Egypte. Mais quand on se qualifie, il faut s'attendre à rencontrer toutes ces grandes équipes. Il est impossible de gagner le trophée sans rencontrer ces grosses équipes. Il faut faire face et se préparer à ces échéances.
Est-ce un avantage pour la Zambie de ne pas faire partie des favoris ?
Oui, je pense. Nous avons une bonne équipe. Ce n'est pas le fruit d'un projet, mais tout d'un coup, la qualité des joueurs à notre disposition s'est vraiment améliorée. Nous avons de bons jeunes, qui se sont affirmés récemment. Nous disposons désormais d'un excellent équilibre entre joueurs expérimentés et jeunes éléments de qualité. Je pense donc que si tout se passe comme prévu, nous pourrons réussir quelque chose sur ce tournoi.
Quelles sont les attentes en Zambie ?
Il faut savoir que la Zambie a longtemps été l'équipe phare de la région. Ensuite, ce statut a été assumé par l'Afrique du sud et l'Angola. Ces deux pays se sont qualifiés pour la Coupe du Monde et l'Afrique du Sud a également remporté la CAN. Ces deux pays sont entrés en scène après nous. Ils ont commencé derrière nous mais maintenant, ils sont devant. Les Zambiens ont du mal à digérer cela et ils rêvent encore de voir la roue tourner en remportant la CAN. Chaque fois que nous nous qualifions, les supporters pensent que leur rêve se réalisera.
Ce qui doit mettre beaucoup de pression !
La pression est toujours présente, mais en tant qu'entraîneur, il faut savoir composer avec.
Quel type de football la Zambie va-t-elle pratiquer à la CAN ?
Dans notre région, nous jouons avec beaucoup de passion et de plaisir. Les joueurs aiment s'exprimer. Il faut donc s'attendre à un football alléchant de la part de la Zambie.
Et à une éventuelle surprise pour les Camerounais et les Egyptiens...
Oui, oui. Nous espérons pouvoir les surprendre. Ce sont des géants, mais nous espérons les surprendre. Nous n'avons pas fait de très bons résultats sur les dernières éditions, mais cette fois, nous espérons faire beaucoup mieux.
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