Véritable homme de principe, connu dans son entourage pour sa droiture, son intégrité et son calme, si Tahar Sioud s’est retrouvé, après 40 ans de loyaux services à notre pays (ministre, secrétaire d’Etat, PDG, ambassadeur …), dans l’un des secteurs les plus instables et les plus imprévisibles, à savoir le football. On pourrait, de prime abord se demander ce que pourrait faire un docteur en droit à la tête de la plus haute institution Tunisienne de football. Et pourtant... Seulement son passé footballistique allait le rattraper. En tant qu’ancien joueur de l’E.M.Mahdia, la FTF avait besoin de quelqu’un qui faisait l’unanimité, et qui rassemblait les différentes visions d’un sport dont les dirigeants sont connus partout dans le monde pour leurs divergences d'idées.
Si Tahar est l’invité de cette semaine et nous lui avons posé, pour vous, cette première partie de questions, puisque le temps est passé trop vite avec une personne de cette stature qui a beaucoup à dire.
La situation actuelle de notre foot, des questions d’actualités comme le départ de Maher Kanzari, les critiques jugées sévères de certains journalistes et certaines émissions sportives, le changement des règlements internes de la FTF, la décision de la Haute Cour d’Arbitrage Sportive concernant la participation de l’ASMarsa à la Ligue des Champions Arabes… sont autant de sujets passés au peigne fin par notre invité.
Infosfoot : Si Tahar, comment avez-vous trouvé la situation à la FTF ?
Tahar Sioud : La FTF connaît depuis toujours une continuité dans son travail, que ce soit si Hammouda Ben Amar ou si Ali Lâabiadh ou ceux qui les ont précédés (qui sont tous des bénévoles comme nous également) ont fait preuve d’une réelle volonté d’aller de l’avant avec notre football pour son amélioration et non pour sa destruction.
Je pense que le niveau atteint par notre équipe nationale comparé à beaucoup de pays confirme la bonne santé de notre football. Bien sûr la condition pour l’amélioration de ce sport est un travail dans la sérénité. Notre football est passé à un palier supérieur avec le professionnalisme. Maintenant, il faut se presser pour corriger certaines lacunes qui ralentissent l’élan du professionnalisme. Il faut augmenter les revenus et trouver de nouvelles sources de financement pour les clubs, établir de nouveaux contrats liant les tierces parties et améliorer éventuellement la formation dans nos clubs. Ce sont là les principes de base qu’il faut instaurer, sans oublier qu’il faut œuvrer pour que les différentes parties de ce sport roi aient aussi une mentalité professionnelle.
Infosfoot : Certains vous reprochent votre manque de contact avec la presse.
T.S : Que certains journalistes comprennent que je ne suis pas l’attaché de presse de la fédération (avec tous les respects que je dois aux attachés de presse). Et que comme toute institution respectable, la fédération a son service de presse, son attaché de presse (Si Mondher Chaouchi) et a également son porte-parole, donc la source de l’information est chez ces gens-la, et non chez Tahar Sioud.
La presse et les journalistes doivent savoir les limites de leurs métiers, ils ne doivent pas essayer d’imposer leur point de vue. Cette remarque concerne également les relations d’une certaine presse avec les présidents de clubs et leurs critiques doivent être constructives et non démolissantes, l'intégrité doit guider le travail de tout le monde...
Infosfoot : Estimez-vous avoir le temps et les nerfs solides pour réussir à la tête de cette institution aussi difficile ?
T.S : Ce n’est ni un problème de temps ni de disponibilité, c’est une question de travail dans la sérénité, j’ai des principes que je ne changerai jamais et je préférerais partir que de changer ces principes qui sont la loyauté et l’abnégation au service de mon pays et au service du sport que j’aime qui est le football. Bref, laissons au temps le soin de nous faire découvrir ce que demain nous réserve.
Infosfoot : Si Tahar on a l’impression que vous êtes déçu !
T.S : Déçu non, mais je n’arrive pas à expliquer certains comportements, comment pouvez-vous expliquer qu’un garçon aussi gentil que Maher Kanzari puisse se comporter de la sorte ?
Aussitôt rentré de la Corée du Sud et sans nous consulter, il s’engage avec un club, certes un des plus grands sinon le plus grand. De même pour notre ancien directeur technique, si Hassen Mâalouch, qui a demandé à me voir, et que, après une rencontre que j’estime constructive le mois de Mai (une semaine après les elections), déclare à la presse qu’il part et que personne du nouveau bureau fédéral n’a voulu le rencontrer. Que Dieu les aide dans leurs nouvelles tâches et bon voeux de ma part.
Infosfoot : Passons à la réclamation de l’A.S.Marsa et à la décision de la Haute Cour pour l’arbitrage Sportif quant à la participation à la Ligue des Champions Arabes.
T.S : Il y a une contradiction certaine, puisque nous ne pouvons superposer nos lois nationales à celles internationales, ni faire primer le droit interne sur le droit international, et je me demande pourquoi la Haute Cour a pris cette décision puisque, après consultation directe avec l’Union Arabe de Football, la même haute Cour a eu l’explication nécessaire de la décision de l’UAF. Je pense que la Haute Cour devrait se conformer aux exigences de l’UAF, organisatrice du tournoi en question.
Nous avons fait part à l’UAF de la décision de la Haute Cour, et avons demandé l’application de la décision. Seulement, notre légitimité s’arrête là et la décision finale est entre les mains de l’UAF.
Propos recueillis par Adnène BEN MRAD
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