La Tunisie pour un exploit

La Tunisie joue à quitte ou double, ce samedi 23 juin à 13HT contre la Belgique au stade du Spartak Moscou pour le compte de la 2e journée de la Coupe du monde. Seule une victoire peut la relancer dans la course à la qualification, une nouvelle défaite la condamnant irrémédiablement.

L’état d’esprit est bon au sein du groupe. On veut positiver malgré la déception du premier match perdu face à l’Angleterre (2-1) et les erreurs sur balles arrêtées qui ont coûté deux buts, oeuvres de Harry Kane, dont un pendant le temps additionnel.

Le sélectionneur Nabil Maâloul, tout en constatant que les difficultés rencontrées sur balles arrêtées vont s’accentuer contre la Belgique, promet que les siens ne seront pas cette fois-ci aussi renonciateurs en phase offensive et qu’ils prendront le maximum de risques sans négliger l’indispensable équilibre.

On lui prête l’intention de procéder à deux changements par rapport au onze rentrant, lundi dernier: le premier dans la charnière centrale où Yohan Benalouane relèverait Syam Ben Youssef ou Yassine Meriah, tous deux en grande difficulté dans le baptême du feu russe; le second au milieu où Seifeddine Khaoui suppléerait un Naim Sliti quelque peu émoussé.

La tradition est légèrement favorable aux Diables Rouges qui ont remporté de justesse (1-0) le match amical du 12 juin 2014 disputé à Bruxelles grâce à un but de Dries Mertens à la 89e minute.

Au Mondial Japon-Corée du Sud, le 10 juin 2002, les Aigles avaient tenu en échec les Belges (1-1) grâce à un superbe coup franc de Raouf Bouzayène (17′) qui répliquait à Marc Wilmots (13′).

Les retrouvailles suscitent un bel engouement au sein de la colonie tunisienne installée sur le Vieux continent. Certains n’hésitent pas à parler d’une présence au stade du Spartak de près de 15.000 supporters tunisiens. Toutefois, tout cela reste insuffisant si l’équipe de Nabil Maâloul ne sait pas trouver les solutions au sens du but de Romelu Lukaku et Eden Hazard, et à la géométrie de De Bruyne.

On attend davantage de Wahbi Khazri, paru face aux Anglais manquer nettement de rythme, n’ayant disputé aucun match depuis au moins un mois. Mais c’est encore une fois l’atout collectif et l’esprit du corps qui seront le meilleur allié des Nord-africains qui savent que tout se jouera aujourd’hui, puisqu’une victoire face au Panama le 28 juin n’aura plus de signification que s’ils empochent au moins un point contre l’équipe du Plat pays.

En plus d’un bloc solidaire et sens du collectif, les médias locaux mettent l’accent sur le devoir de décompression qui doit habiter les copains du gardien Farouk Ben Mustapha, le remplaçant du titulaire Moez Hassen, parti à Nice se faire opérer de l’épaule.

Dans ses déclarations durant toute la semaine, le coach national Nabil Maâloul a rejeté d’un revers de la main les polémiques suscitées par la « Fatiha » qu’il récite en symbiose avec ses joueurs avant chaque rencontre. Il a également ironisé à propos de l’accusation de le voir recevoir par téléphone des instructions au moment de procéder à des changements. « C’est sûrement le président de la République, Beji Caid Essebsi qui m’a téléphoné pour me dicter les remplacements à faire ! », a-t-il glissé.
Les images de la télévision montrant son adjoint Mourad Okbi tendre un « portable » à Maâloul (en fait les instruments de lecture des données techniques offertes par la fédération internationale) ont donné lieu à une vive polémique.

Les Aigles de Carthage sauront-ils saisir leur chance au vol devant un adversaire donné logiquement favori ? Tout dépendra d’une bonne transition offensive rapide et intelligente qui aiderait à déséquilibrer le bloc belge et de la faculté à négocier les balles arrêtées.

Battue (2-1) par l’Angleterre le 18 juin à Volgograd, la Tunisie est dernière au classement (0 point) ex-aequo avec le Panama, dominé lundi dernier par la Belgique (3-0). Après la première journée, le groupe G est conduit par les favoris, la Belgique et l’Angleterre (3 points).

Notons enfin que l’affiche Tunisie-Belgique a été confiée à l’Américain d’origine mexicaine Jair Marrufo, 41 ans qui sera assisté par son compatriote Corey Rockwell et le Slovaque Juan Zumba.
(Cafonline).