Tennis: Federer au huitième ciel à Wimbledon

 
En remportant Wimbledon pour la 8e fois de sa carrière (son 19e titre en Grand Chelem), ce dimanche face à un Marin Cilic diminué, le Suisse Roger Federer s’est sans doute définitivement imposé comme le plus grand champion de l’histoire du tennis.
 
Comme Rafael Nadal il y a un mois à Roland-Garros, Roger Federer a réalisé le chef d’oeuvre de sa carrière pour décrocher, à 35 ans et 11 mois, son huitième Wimbledon en gagnant tous ses matches en trois sets. Un résultat hallucinant, qui permet au Suisse de devenir le seul recordman du nombre de victoires dans le tournoi londonien (devant William Renshaw et Pete Sampras, qui comptent sept titres), mais aussi le vainqueur le plus âgé de l’histoire du mythique tournoi britannique, créé en 1877 !
 
Cilic trop diminué pour bousculer le Maestro
 
En finale, il n’y a pour ainsi dire pas eu de match face au Croate Marin Cilic, diminué par une blessure au pied, au point de fondre en larmes lors d’un changement de côté au deuxième set. Rapidement, il est apparu que le numéro 6 mondial n’avait pas les armes, ce dimanche, pour contrarier le champion suisse. Passée la crispation des premiers jeux, Federer déroula un tennis de rêve, ultra-agressif sans forcer, qui ne laissa aucune chance à son adversaire, balayé 6-3, 6-1, 6-4 en 1h41.
 
Cette démonstration du Bâlois doit bien sûr être tempérée par les soucis physiques de Cilic, mais elle vient donc parachever une quinzaine de rêve, au cours de laquelle Federer n’aura tout simplement pas perdu le moindre set en sept matches. S’il n’a affronté aucun membre du top 5 mondial (contrairement à ce qui s’était produit en janvier à l’Open d’Australie), Federer a su se montrer d’une solidité à toute épreuve au fil du tournoi. La rareté de sa performance dit sans doute son ampleur : sur ses désormais 19 titres du Grand Chelem, c’est seulement la deuxième fois que le “Maestro” ne concède pas le moindre set (après l’Open d’Australie 2007). Dans la longue histoire de Wimbledon, voir le vainqueur remporter tous ses matches en trois sets ne s’était produit qu’une seule fois jusqu’ici (en 1976, avec le Suédois Björn Borg).
 
Federer, un vétéran frais comme un gardon
 
Le huitième sacre de Federer dans son jardin londonien s’est longtemps fait attendre (le Suisse s’était notamment incliné en finale face à Novak Djokovic en 2014 et 2015), mais il prend finalement une saveur particulière pour le vétéran suisse, qui repousse une nouvelle fois les limites de son sport et s’installe peut-être définitivement comme le plus grand champion de l’histoire du tennis masculin. Cinq mois après son sacre inattendu à l’Open d’Australie, ce triomphe sonne aussi comme une confirmation : Federer est bel et bien de retour à son meilleur niveau, et son âge ne l’empêche absolument pas d’être toujours aussi affûté physiquement.
 
En effet, sur ce Wimbledon, après les éliminations prématurées d’Andy Murray et de Novak Djokovic en raison de problèmes physiques, la faillite physique de Marin Cilic en finale a donné une nouvelle illustration du paradoxe actuel du circuit ATP : alors qu’il est bien plus âgé que ses rivaux, Federer est en bien meilleure forme physique qu’eux. Difficile de ne pas y voir l’effet de sa préparation très allégée en termes de tournois joués. Après avoir zappé toute la fin de la saison 2016, le Suisse avait ainsi décidé cette année de faire l’impasse sur la saison sur terre battue. Le break qu’il s’est imposé entre sa victoire à Miami, début avril, et le premier tour du tournoi de Stuttgart, mi-juin, lui a incontestablement apporté une fraîcheur qui a fait la différence à Wimbledon. Sur cet élan, le Suisse, qui remontera ce lundi sur le podium du classement ATP (3e) et fêtera le 8 août son 36e anniversaire, peut même commencer à sérieusement envisager un retour à la première place mondiale. Qui l’eût cru, il y a un an de cela ?
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