Tennis: Garbine nouvelle reine de Wimbledon

 
D’abord brouillonne, Garbiñe Muguruza a balayé Venus Williams en à peine plus d’une heure sur le gazon de Wimbledon samedi, en finale (7-5, 6-0). Son deuxième trophée en Grand Chelem, plus d’un an après sa dernière finale (gagnée) à Roland-Garros.
 
Quand Venus Williams a gagné Wimbledon pour la première fois, en 2000, Garbiñe Muguruza avait six ans. Impressionnante durant cette quinzaine, avec seulement six breaks concédés (et aucun set) en six matches avant la finale, la Californienne aurait pu devenir la joueuse la plus âgée de l’histoire à soulever un trophée du Grand Chelem, à 37 ans. Le gazon londonien n’a plus de secrets pour elle, et son expérience – comme l’historique de leurs confrontations – parlaient pour elle face à la jeune Espagnole, de 14 ans sa cadette. Mais elle est restée sans réaction dans un deuxième set à sens unique (7-5, 6-0), bouclé en 26 minutes.
Revivez le direct commenté de la finale
Dans un duel de cogneuses, Williams a frappé la première samedi, avec un ace d’entrée. Agressive, elle dictait le rythme des échanges sur sa mise en jeu et profitait de la maladresse de sa rivale, brouillonne en coup droit, pour s’offrir une première balle de break à 3-2, avec un superbe passing. Mais elle laissait passer sa chance et se crispait à son tour sur son engagement, sans conséquence fâcheuse. Déterminée à appliquer son plan de jeu, avec des services au corps dévastateurs et des montées plutôt judicieuses au filet (5/8 dans le premier set), Muguruza était à la hauteur de l’événement, deux ans après une première finale à Wimbledon (et en Grand Chelem) perdue contre la benjamine des Williams, Serena.
 
Chacune des deux joueuses défendait sa mise en jeu avec vigueur, et il fallait un échange marathon et beaucoup de caractère à l’Espagnole pour effacer deux balles de set à 4-5. De 15-40, elle revenait à 40A avant de prendre l’avantage et de pousser Williams à la faute. Frustrée, soudain moins sereine, l’Américaine sauvait à son tour une balle de break dans le jeu suivant, les dents serrées, mais pas la deuxième. Les échanges s’étiraient, le rythme augmentait et Williams jugeait mal une balle redressée en bout de course par son adversaire, pour lui céder deux balles de set. La deuxième était la bonne pour Muguruza, le poing serré après un revers dans le filet (7-5).
Martinez passe le témoin
Williams espérait pouvoir compter sur son «expérience» (49 titres, dont cinq à Wimbledon) pour contrer Muguruza, mais elle aurait peut-être dû observer davantage la jeune Espagnole durant cette quinzaine. Une double-faute, et l’Américaine se retrouvait breakée dès le premier jeu de la seconde manche. De plus en plus libérée, Muguruza semblait avoir pris la mesure de son adversaire et de ses coups, plus prévisibles et moins précis à mesure que les points défilaient. Un léger sursaut permettait à la onzième mondiale d’entretenir l’espoir, mais ses jambes flanchaient, et l’Espagnole enchaînait les jeux, neuf de suite à cheval sur les deux manches.
 
Incapable d’enrayer cette dynamique contraire, Williams continuait au contraire de subir, la tête basse. Avec un service en berne (61% de points gagnés sa première balle, contre 80% sur le tournoi), elle s’écroulait et rendait les armes sur un challenge justement réclamé par son adversaire. Le vent avait bien tourné. À l’endroit même où elle s’était révélée aux yeux du monde en 2015, Muguruza, retombée au 14e rang mondial, a mis fin à plus d’un an d’une traversée du désert, sans la moindre finale depuis son premier titre en Grand-Chelem à Roland-Garros, l’année dernière. Un passage de témoin avec son entraîneure, Conchita Martinez, seule Espagnole à avoir triomphé à Londres jusqu’ici.
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