Djabou: « Je ne peux pas refuser une proposition d’Europe »

Abdelmoumen-Djabou
Véritable révélation de la dernière Coupe du Monde au Brésil, Abdelmoumen Djabou s’est retrouvé sur le banc de touche, lors des quatre premiers matchs de Christian Gourcuff à la tête des Verts. Joint par les soins du site algérien Lebuteur, samedi, au téléphone, Djabou a parlé de ce nouveau statut, du match du Malawi, du nouveau poste confié par Gourcuff et de sa situation au Club Africain.
Voici in-extenso le texte de cet entretien.
-Votre retour à la compétition a coïncidé avec des propositions émanant de clubs européens…
-Sincèrement, je n’ai plus envie de parler de ce sujet. Je reçois des dizaines d’appels d’agents de joueurs pour me proposer des contrats en Europe, mais ça ne se concrétise pas. En plus, je peux vous dire que l’expérience de l’année dernière m’a appris beaucoup de choses. Du coup, je ne veux pas parler de ce sujet.
-On parle d’un intérêt de Marseille, c’est vrai ?
-(Rire) Non, il n’y a rien pour l’instant.  Personnellement, aucun dirigeant de ce club n’a pris attache avec moi ni avec la direction du Club Africain. J’ai même entendu dire que les dirigeants de ce club allaient venir me voir à Tunis.
-Pourquoi avez-vous refusé une proposition de Lille ?
-Il est vrai que j’avais une proposition concrète de la part du LOSC, mais je n’ai pas rejoint ce club. Et pour cause, après avoir discuté avec les responsables de ce club, il fallait que ces derniers prennent attache avec les responsables du Club Africain, puisque j’étais encore sous contrat, mais ces derniers ne se sont pas montrés prêts à discuter avec leurs homologues lillois.
-Vous n’avez donc pas rejoint Lille à cause de votre club…
-Non, je n’ai pas dit ça. Vous savez, dans ce genre de transfert, il faut que les trois parties se mettent d’accord, les deux clubs et moi le principal concerné.
-Est-il vrai que vous allez prolonger votre contrat avec le Club Africain ?
-Il y a de fortes chances que je prolonge mon bail. Je suis en discussion très avancée avec les responsables du club. Par contre, je pourrais quitter le club si une proposition intéressante me parvient d’Europe. Vous savez, je suis un joueur ambitieux et je souhaite décrocher un contrat professionnel. Je continue de travailler pour progresser encore. Je ne vous cache pas, je suis très à l’aise au CA. On est leader du championnat et je ne manque de rien. Je suis respecté par tout le monde et, franchement, je ne regrette pas d’avoir rejoint ce club.
-Mais tout le monde est unanime à dire que vous méritez de jouer en Europe…
-Le problème qui se pose, c’est que je n’ai jamais refusé une proposition concrète en provenance d’Europe. A chaque fois, je lis à travers la presse que je m’y suis à chaque fois opposé, mais ce n’est pas vrai. Je ne peux pas refuser une proposition d’Europe. Je n’ai reçu que quelques propositions concrètes. Les autres, ce n’était que des paroles d’agents de joueurs qui m’ont quelque peu saboté.
-Parlons de la sélection nationale algérienne. Le public avait demandé votre entrée face au Malawi, quelle était votre réaction ?
-Que voulez-vous que je vous dise. J’étais vraiment touché par le soutien du public qui a demandé mon entrée, même si je pense que je devais rentrer un peu plus tôt puisque l’équipe menait par 3 à 0.
-Pourriez-vous être plus explicite ?
-Je pense que je devais rentrer plus tôt. J’ai joué 20 minutes seulement. N’importe quel joueur aurait eu la même réaction que moi. Ce qui m’a touché le plus, c’est que je me suis sacrifié pour devenir titulaire en sélection, mais je suis redevenu remplaçant.
-Ne pensez-vous pas alors que c’est dû à  votre retour tardif à la reprise de l’entraînement ?
-Quelque part oui, mais il ne faut pas oublier que j’ai travaillé dur pour décrocher une place de titulaire. J’ai joué comme titulaire dans une grande compétition comme la Coupe du Monde. J’ai fait un bon parcours en marquant deux buts durant ce tournoi. C’est dire qu’il m’est très difficile d’accepter une telle situation. Je dis ça parce que je suis un joueur ambitieux. A mon avis, celui qui est convaincu par le banc de touche n’a qu’à changer de métier. Je tiens à vous préciser que je ne critique pas les choix de M. Christian Gourcuff. Au contraire, je le respecte beaucoup.
-Vous voulez dire que vous méritiez une place de titulaire lors du dernier match face au Malawi ?
-Non, je n’ai pas dit ça. Seulement, j’aurais aimé, par exemple, être incorporé au début de la deuxième mi-temps.
-Comment vous avez trouvé votre prestation ?
-Elle n’était pas fameuse. Je me suis retrouvé dans un poste habituel. J’ai été aligné comme attaquant alors que j’aime les espaces au milieu du terrain. En tout cas, j’ai respecté les consignes du sélectionneur à la lettre.
-Le sélectionneur national pense que vous ne pouvez pas jouer comme milieu gauche avec sa stratégie…
-Et quel était mon poste en Coupe du Monde ? Durant ce tournoi, on m’a aligné comme milieu gauche et je me suis bien retrouvé. La preuve, mon parcours a été assez convaincant.
-Comptez-vous lui en parler ?
-C’est fort possible, surtout que c’est un quelqu’un d’assez ouvert et de compréhensif. On est vraiment très à l’aise avec lui. Il nous donne la parole à chaque fois qu’on le désire.
-Avant de conclure, quelle est la différence entre Gourcuff et Halilhodzic ?
-Chacun a son avis et chacun a sa méthode de travail. Halilhodzic mise sur la discipline et il est sévère. Gourcuff mise aussi sur la discipline mais il est compréhensif avec nous. Ce dernier a privilégié la communication. Halilhodzic a réussi un excellent parcours avec l’EN en Coupe du Monde. Gourcuff, pour sa part, a réussi à remporter quatre victoires en autant de matchs.