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Le Club Athlétique Bizertin pris au piège des dettes et des conflits… Qui sauvera les Jaune et Noir ?
Les crises financières et administratives continuent de secouer le Club Athlétique Bizertin (CAB), dans un contexte qui menace désormais la stabilité et l’avenir de cette prestigieuse association sportive.
Le dernier épisode en date concerne la réclamation des héritiers de l’ancien président du club, feu Ahmed Kroui, qui réclament une somme avoisinant les 460 000 dinars. Ce montant correspondrait à des dépenses et des avances financières que leur défunt père aurait engagées sur ses fonds personnels au profit du club durant sa présidence, au cours des saisons 2006-2007.
De son côté, l’ancien président du CAB, Abdessalem Saïdani, a contesté ces prétentions dans leur intégralité. Il affirme avoir déjà remis une somme d’argent aux enfants du défunt et que le solde aurait été réglé sous forme de pari, selon ses déclarations. Entre la version des héritiers et celle de Saïdani, le club se retrouve ainsi confronté à un lourd dossier financier qui nécessite des éclaircissements et un règlement dans le respect des procédures légales.
Cette affaire a également eu des répercussions sur la gestion du club. Riadh Mokdad et les membres de son comité de gestion ont présenté leur démission dans le contexte de ces développements. Par ailleurs, Samir Yaâcoub, ancien président du comité provisoire de gestion, a quitté le pays alors qu’il se trouvait appelé à fournir des explications et des justificatifs concernant la gestion des fonds du club, notamment après la saisie des comptes bancaires du CAB à la demande des héritiers de feu Ahmed Kroui.
Ce qui se passe aujourd’hui au Club Athlétique Bizertin dépasse largement un simple différend portant sur des créances financières. Il soulève une question beaucoup plus profonde concernant l’avenir de la gestion des associations sportives en Tunisie.
Comment convaincre des hommes d’affaires et des passionnés de prendre les commandes de clubs sportifs si, après avoir quitté leurs fonctions, ils risquent de se retrouver confrontés à des dettes, à des procédures judiciaires et à d’anciens engagements financiers dont ils ne maîtrisent parfois même pas l’origine ?
Il devient urgent que l’État assume ses responsabilités face à cet héritage financier qui pèse sur plusieurs clubs tunisiens. Des solutions juridiques et concrètes doivent être mises en place pour régler les anciennes dettes, que ce soit par leur rééchelonnement ou par une participation de l’État à leur prise en charge, dans le cadre de mécanismes transparents et clairement définis.
Il est inconcevable que des clubs historiques restent éternellement prisonniers des dettes du passé et que le bénévolat ainsi que la gestion sportive deviennent des aventures à haut risque que tout le monde cherche à éviter.
Sauver le Club Athlétique Bizertin et les autres associations sportives ne relève pas uniquement de la responsabilité des dirigeants qui se succèdent à leur tête. Il s’agit désormais d’un enjeu sportif et national qui exige une intervention urgente, avant que nous ne nous retrouvions avec des clubs sans dirigeants, sans ressources et, surtout, sans avenir.